Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la création du Piano arc-en-ciel :
Depuis de nombreuses années, mes travaux universitaires et mon enseignement du piano en Conservatoires et écoles de musique m'ont conduite à associer couleurs et sons pour créer la méthode Le piano arc-en-ciel.
Aspects épistémologiques :
De nombreux savants, philosophes (Aristote), scientifiques (Newton), artistes (Kandinsky), cinéastes (Spielberg), musiciens (Scriabine), pianistes (Glenn Gould, et plus actuellement Hélène Grimaud)... ont associé sons et couleurs.
Mais contrairement aux systèmes de Scriabine ou autres qui associent un son à une couleur de façon souvent aléatoire (au hasard ou au feeling), la méthode Le piano arc-en-ciel est basée sur une corrélation plus rationnelle entre vibrations sonores et vibrations lumineuses.
Quand j'ai créé le piano arc-en-ciel, je me suis intéressée aux aspects épistémologiques de la notation musicale, car j'ai une formation philosophique à la base (puis sociologique et psycho).
Je me suis d'abord basée sur la théorie de Newton, sur la corrélation entre la fréquence électromagnétique des sons (en Hertz) et celle des couleurs...
Ce qui est intéressant dans toute notation musicale est la spatialisation du temps.
La musique s'organise sur du temps, elle s'écoute, et sa notation solfégique s'organise sur de l'espace, elle se voit (portées, notes de musique...).
Tout comme une pendule, une horloge ou une montre, qui va spatialiser le temps par des chiffres visibles sur un cadran, la notation musicale spatialise du temps.
Comment rapprocher temps (son) et espace (couleur) :
Il n'est pas évident d'associer couleurs et sons, car il y a des incompatibilités à résoudre :
- Tessiture : Si l'on compare sons et couleurs, on constate que nous nous avons une oreille très étendue couvrant plusieurs octaves (de 16 à 20000 Hz) alors que l'oeil ne distingue qu'une bande très étroite de fréquences électromagnétiques (de 440 à 760 THz) qui ne correspond même pas à une octave en musique (fréquence du simple au double).
- Harmoniques : le principe de la musique (basé sur les harmoniques) ne peut pas s'appliquer aux couleurs.
- Accords : L'oreille reconnaît les combinaisons de sons comme des accords alors que l'oeil voit une combinaison de couleurs comme une couleur unique.
Les bases scientifiques de corrélations couleurs/sons ont été les suivantes :
Couleurs :
rouge orange jaune vert bleu indigo violet
Fréquences moyennes (THz) :
460 495 520 560 620 675 730.
A la limite, on pourrait comparer les infrarouges aux infra-sons, et les ultraviolets aux ultra-sons...
Limites et critiques de ce système :
Certains s'interrogent sur la pertinence de mettre des couleurs aux notes de musique.
Dans ce cas, on peut aussi s'interroger sur toute la notation musicale (depuis les portées musicales au XIe siècle, qui n'avaient qu'une ligne, puis 2, puis 3, puis 4 pour le chant grégorien...), et l'invention des signes musicaux (neumes, puis notes de musique...).
Le fait d'associer le cercle chromatique aux notes de musique est déjà un peu plus scientifique, même s'il a fallu quelques simplifications entre fréquences lumineuses et fréquences sonores, pour rendre accessible à tous la pédagogie du piano...
Il serait plus logique de contester l'écriture musicale, car par exemple pourquoi une durée de 4 temps se représenterait par une ronde, et un huitième de temps par une triple croche ?
C'est beaucoup plus arbitraire que de décider que Do sera rouge, Ré orange, Mi jaune...
Mais comme les siècles ont figé la notation musicale, presque plus personne ne la conteste.
Si la notation musicale se faisait sur des bases plus rationnelles (quasi scientifiques), on noterait le rythme sur des cases ou des colonnes : plus les points se rapprocheraient (un par case) et plus le rythme serait rapide, puis ils s'éloigneraient et plus le rythme serait lent, comme pour les orgues de Barbarie.
Personnellement je pense qu'il y a beaucoup plus de rigueur à associer la gamme chromatique (couleurs) et la gamme musicale (sons), que de décider que le dièse ou le bémol s'écrira de telle ou telle façon, etc.
La méthode Le piano arc-en-ciel a établi des corrélations couleurs/sons relativement rationnelles, mais son but est plus pédagogique et pianistique, que scientifique.
Le choix des couleurs simples, primaires (rouge, jaune, bleu) ou secondaires (orange, vert, violet) a pour seul but de simplifier et rationaliser la pédagogie du piano.
Essais pédagogiques :
J'ai aussi travaillé plusieurs années dans une école de musique, où mon collègue prof de solfège m'avait dit en début d'année scolaire qu'il était plutôt contre les notes de musique en couleurs, et où le même prof m'a demandé en fin d'année scolaire :
- Dis-moi... Anaïs, léa, Laurie, Mathieu et Léo, ce sont bien tes élèves en première année de piano ?
- Oui...
- Et tu leur apprends le piano avec les couleurs ?
- Oui, pourquoi ?
- Eh bien... A l'examen de solfège, je les ai chronométrés en lecture de notes : ils sont plus rapides que les autres et ils ont tous eu entre 16 et 19 sur 20, alors que le reste de la classe tourne autour de 12 ou 13 sur 20. Et pourtant, les notes de musique sont en noir en blanc...
- C'est normal, parce qu'ils ont des points de repère précis et concrets en ayant appris les notes en couleurs...
Voilà comment un prof d'abord un peu hostile aux notes de musiques en couleurs, a complètement changé d'avis sur cette pédagogie ludique, en ayant la preuve de son efficacité...
La pédagogie :
Dans la méthode le piano arc-en-ciel, au début on reste sur 3 notes avec le pouce sur do (chanson sur 3 notes : au clair de la lune, 1, 2, 3 j'irai dans les bois...), puis sur 5 notes avec le pouce sur do, et après quelques chansons sur 5 notes (en clé de sol) avec un accompagnement très simple pour la main gauche (en clé de fa), on rajoute le la et le si. Tout se fait progressivement.
A la fin de l'ouvrage, les enfants savent lire les notes sur une octave à chaque main.
Après cette méthode, environ 70 pour cent des enfants passent au noir et blanc avec beaucoup de facilité et des progrès très rapides, et environ 30 pour cent (souvent les plus jeunes : 5 ou 6 ans) ont encore besoin qu'on leur entoure les notes en couleurs dans leur méthode suivante.
Le but est de lire couramment les notes de musique de n'importe quelle partition facile, au lieu de patauger (comme la plupart des enfants) pendant des années et de peiner à lire les notes comme avec les méthodes traditionnelles.
Le fait d'avoir commencé avec des couleurs permettra aux enfants d'avoir de meilleurs résultats que ceux qui ont commencé en noir et blanc, et donc galéré pendant plusieurs années.
La méthode arc-en-ciel volume 2 est en cours d'élaboration : elle permettra d'aller progressivement de la couleur au noir et blanc.
En attendant, les enfants qui ont terminé la méthode arc-en-ciel peuvent poursuivre avec n'importe quelle méthode de piano débutants, dans laquelle ils avanceront bien plus vite que les vrais débutants.
Pour les plus petits, il sera nécessaire d'entourer parfois certaines notes en couleurs, au moins au début, pour faire la transition.
(les notes à entourer en couleurs seront : les Do en rouge, les Fa de la clé de fa en vert, et les Sol de la clé de sol en bleu).
Je suis toujours ravie d'avoir des nouvelles des enfants qui utilisent la méthode Piano arc-en-ciel !
(Je réponds à tous les mails…)
Bonne chance dans tous vos projets, pianistiques et autres…
Chantal
Témoignages :
Vu sur Pianomajeur.net
de Volga » Jeu 11 Mar, 2010 9:12
Je pense que c'est très bien les notes en couleur.
Mon petit-fils a une méthode traditionnelle et il a ramé pendant 2 ans, j'ai même craint qu'il ne se décourage.
La lecture de notes, c'était crise assurée !!!
Et du coup le plaisir de jouer du piano est tombé en chute libre.
Il apprenait le morceau par coeur, ce n'est pas mauvais en soi mais il ne savait pas se repérer sur la partition et à long terme c'est un handicap.
Ne voulant pas me mettre en concurrence avec la méthode traditionnelle (que je déconseille vivement : "Ma première année de piano"), j'en ai acheté un second exemplaire (!) et j'ai entouré les notes de couleur. En quelques mois, il savait la clé de sol et la clé de fa et il est passé sans difficulté au noir et blanc.
Tous les jeunes enfants ont-ils un adulte pour les aider ?
Je ne le pense pas.
Dans la lecture (de mots) l'intuition rentre en jeu. Si l'enfant a déchiffré "jar" , il a des chances pour que le mot entier soit "jardin". Dans la lecture de notes, l'intuition à ce niveau n'intervient pas, il faut donc une aide sous une autre forme.
Par ailleurs les morceaux de la méthode arc-en-ciel sont mieux choisis.
Dans la méthode "Ma première année de piano", c'est d'un ennui mortel à partir de la page 18 (la polyphonie en do). C'est ringard!
Volga
Messages: 120
Inscription: Sam 04 Oct, 2008 12:35
Localisation: Tours
Mon piano: Schimmel C116
Réponse:
Vous avez tout compris...
Quand j'étais prof en école de musique, j'ai eu plusieurs dizaines d'élèves comme votre enfant, qui avaient commencé le piano avec une méthode traditionnelle, parfois la méthode rose, mais le plus souvent la méthode de piano débutants avec des animaux dessinés dessus, zèbre ou autres... D'après l'aspect graphique (animaux...), cette méthode semble destinée aux enfants de moins de 7 ans. Or pour la pédagogie, elle n'est adaptée qu'aux enfants de plus de 10 ans ! En effet, les enfants de plus de 10 ans s'en sortaient plus ou moins bien (en pataugeant quand-même un peu), mais les moins de 10 ans étaient démotivés, découragés, et parfois même dégoûtés du piano. Presque tous les enfants étaient largués dès la page 16 (quand les portées sont toutes en clé de sol, puis toutes en clé de fa), et pire encore aux pages 22 à 24 (les deux portées sont en clé de sol, puis les 2 portées sont en clé de fa). Après ces erreurs pédagogiques, ils avaient tous décroché.
Je devais les re-motiver, et recommencer à zéro.
J'y arrivais en entourant les notes de musique en couleurs (ou au moins certains points de repère fondamentaux comme do du milieu, fa de la clé de fa et sol de la clé de sol, do du bas et do du haut...) et en mettant les mêmes repères colorés sur le clavier (pastilles en plastique ou gommettes autocollantes...).
Les enfants comprenaient enfin la logique du solfège (la clé du déchiffrage est la continuité de lecture de notes, de la clé de fa à la clé de sol, en passant par DO du milieu du clavier et de la portée) : ils reprenaient confiance en eux, et leur motivation et leurs progrès étaient étonnants !
C'est aussi ce qui m'a donné l'idée de créer la méthode Le piano arc-en-ciel.
Chantal
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Témoignage vu dans Commentçamarche.net
bbl, le 5 jan 2010 à 11:23:00
Je viens d'acheter la méthode arc en ciel pour ma fille de tout juste 4 ans: extra !!! Elle est ravie et moi avec !!! Je ne pensais pas qu'aussi vite elle adhererait, elle qui a du mal à se fixer sur une activité très longtemps... Mais là elle est ravie et en quelques scéances a déjà grandement progressé ! C'est ludique, progressif : à essayer vite ! Même la maman va apprendre le piano avec cette méthode... =)
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